L’ONU appelle le Mali à mettre en place le mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’homme

ISHR

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a exhorté le Mali à adopter le décret d’application de la loi sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, et à mettre en place le mécanisme de protection prévu par la loi.

Dans ses observations finales, le Comité (CESCR) exhorte le Mali à assurer “la mise en œuvre effective de la loi sur les défenseurs des droits de l’homme, notamment par l’adoption du décret fixant les modalités de son application et la mise en place du mécanisme de protection qui y est prévu. Le Comité encourage l’État partie à mener des campagnes d’information et de sensibilisation sur l’importance du travail des défenseurs des droits de l’homme, notamment des droits économiques, sociaux et culturels, afin de créer un climat de tolérance dans lequel ils peuvent remplir leur mission, sans intimidation d’aucune sorte, et de prévenir les actes de violence à leur encontre. Le Comité renvoie l’État partie à sa déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme et les droits économiques, sociaux et culturels, adoptée en 2016.”

Pour Mohamed El Moctar Mahamar, représentant de la Coalition malienne des défenseurs des droits de l’homme (COMADDH), la recommandation arrive à point nommé : “Nous saluons la décision du Comité d’insister sur l’adoption du décret d’application de la loi, qui fait écho aux doléances que nous avions exprimées avant l’examen du Mali”. Il a ajouté : “Le Comité a également identifié la recommandation comme étant urgente, ce qui signifie que le Mali devra rendre compte de la mise en œuvre dans un délai de 18 mois, d’ici avril 2020”.

Nana Sanou, militante des droits des femmes, qui a participé à l’examen du Mali par le Comité en septembre à Genève, se félicite également des conclusions : “Le Comité a appelé le Mali à réviser les dispositions législatives discriminatoires à l’égard des femmes et à renforcer la mise en œuvre des mesures de lutte contre ces discriminations.”

Le Mali a mis plus de 40 ans à soumettre son rapport initial au CESCR, après avoir ratifié le Protocole relatif aux droits économiques, sociaux et culturels en 1974. Le Comité avait examiné le Mali en 1994 malgré l’absence de rapport initial, mais le gouvernement n’avait pas assisté à l’examen. “L’importance de ce tout premier dialogue interactif entre le Comité et les autorités maliennes doit être soulignée”, déclare Vincent Ploton de l’ISHR. “Nous leur demandons instamment d’adopter un plan de mise en œuvre des recommandations du Comité et de se conformer aux exigences de soumission en temps voulu des futurs rapports”, conclut-il.

Retrouvez le document dans sa source originale ici