Les défenseurs de l’environnement au Pérou appellent à la fin de la violence et demandent une protection

Un groupe de défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement de diverses régions du Pérou a manifesté mercredi à Lima pour demander l’arrêt de la violence et exiger que l’État leur garantisse une protection.

” Ce que nous faisons ici, c’est faire connaître nos revendications pour que l’État agisse à temps (…), qu’il prenne les mesures correspondantes avant qu’il y ait d’autres meurtres ou assassinats “, a déclaré à Efe Agustina Mayán, représentante de l’Organisation pour le développement des communautés frontalières de Cenepa (Odecofroc).

Aux côtés de ce représentant de la région d’Amazonas (nord du pays), une vingtaine de défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement se sont tenus devant le ministère de la Justice, dans le quartier de Miraflores à Lima, pour dénoncer les menaces et les intimidations dont ils sont victimes au quotidien.

Ils ont également exigé la mise en œuvre du nouveau protocole que le gouvernement péruvien a approuvé en avril dernier et qui vise à améliorer la protection des défenseurs des droits de l’homme.

Parmi leurs principales revendications figure également l’urgence pour le Congrès de ratifier l’accord d’Escazú, un traité international qui oblige les pays signataires d’Amérique latine et des Caraïbes à garantir la protection des dirigeants et des défenseurs de l’environnement.

En ce qui concerne le pouvoir judiciaire, les défenseurs ont demandé l’élaboration d’un accord plénier de la Cour suprême de justice pour prévenir et éviter la criminalisation des manifestations.

“Il semble que la justice soit pour ceux qui menacent la vie et polluent et non pour les défenseurs, qui finissent par être dénoncés, persécutés et poursuivis”, a déclaré Mayán.

La femme a expliqué que dans le district amazonien de Cenepa, à la frontière avec l’Équateur, les conflits sont alimentés par la présence de mines illégales et alluviales.

“Pour avoir dénoncé ces mineurs illégaux, je me suis retrouvé en prison et nous sommes à deux doigts d’être assassinés”, a prévenu le porte-parole d’Odecofroc, accusé par la justice d’avoir enlevé trois hommes qui “étaient détenus par la population parce qu’ils étaient entrés illégalement et effectuaient des travaux miniers”.

Sans protection, les dirigeants sont souvent menacés s’ils dénoncent les autorités et, lorsqu’ils osent le faire, ils sont sans défense et plongés dans des procédures judiciaires compliquées qui peuvent durer plusieurs années.

Selon un récent rapport de Global Witness, le Pérou occupe la neuvième place sur la liste des pays qui comptent le plus grand nombre d’assassinats de défenseurs de l’environnement dans le monde.

Cette décision intervient après un total de six meurtres de leaders environnementaux au cours de l’année écoulée, en pleine pandémie de coronavirus.

Face à cette situation, le gouvernement péruvien a approuvé l’année dernière un mécanisme visant à améliorer et à accélérer la protection des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement.

EFE