Mauritanie

Statut: Discussion publique ou société civile

En Mauritanie, il n’existe pas de mécanisme national de protection des défenseur·e·s des droits humains (DDH ou défenseur·e·s). Le sujet est au centre de discussions menées par les acteur·rices de la société civile et, dans une moindre mesure, par les autorités nationales. En attendant, la situation des défenseur·e·s en Mauritanie reste préoccupante.

La Mauritanie est incluse dans le mandat du/de la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme. Cependant, la rapporteuse actuelle et les rapporteur·ses précédents n’ont pas encore visité le pays. La Mauritanie fait l’objet d’un suivi par le biais de rapports thématiques annuels publiés par le rapporteur·se spécial·e, comme ce rapport. La Mauritanie relève également du mandat du Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique. C’est l’un des rares pays à avoir été suivi par la Rapporteuse spéciale, même si le dernier document publié sur la Mauritanie était un rapport[1] de mission en 2016 et plusieurs communiqués de presse (en 2010, 2013, en 2016).

La Mauritanie est également surveillée par l’Examen périodique universel (EPU). Lors de la dernière session de l’EPU en 2021, la Mauritanie a reçu et accepté plusieurs recommandations concernant la protection des défenseurs des droits de l’homme. Dans le rapport de l’EPU de 2021, la Mauritanie a exprimé son soutien au développement d’un projet de loi en attente sur la liberté des organisations de la société civile (OSC). Ce projet de loi, également appelé la Loi sur les associations, les fondations et les réseaux, est présenté comme un effort pour soutenir les OSC. La société civile a toutefois critiqué ce projet pour ne pas respecter les normes internationales. À ce jour, aucune mesure concrète n’a été prise par la Mauritanie pour améliorer la protection des défenseurs des droits humains.

Le moniteur CIVICUS 2022 classe la Mauritanie comme « réprimée« , ce qui signifie que « l’espace civique est considérablement restreint« . L’indice 2022 de Freedom House qualifie la Mauritanie de « partiellement libre« . Les principales préoccupations concernent les restrictions à la liberté d’expression. Un exemple est le projet de loi sur la cybercriminalité qui a été introduit en 2016, par lequel les défenseurs et les journalistes peuvent être poursuivis pour la diffusion de « contenu politiquement sensible » sur Internet (Frontline Defenders, 2020).


[1] Ce rapport n’est pas disponible en ligne. Nous tentons d’obtenir le document. Si vous avez plus d’informations, veuillez envoyer un e-mail à focus@protectioninternational.org.

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